Stage sur glacier - Tignes 2008

vendredi 17 juillet 2009
par  ASUL Sports Nature
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Des nouvelles de monsieur Petit-grand et mademoiselle Patinette ou la reprise du ski sur neige...

Comme à notre habitude, et plein d’enthousiasme à l’orée de cette saison 2008-2009, nous nous sommes retrouvés pour le week-end de la Toussaint à Tignes (du 25 au 27 Octobre 2008). Patrick, Jean, Yann et Pierre avaient répondu présent à l’appel du glacier ...

Place à Jean pour le premier compte-rendu de cette saison ... gâre aux neurones !
 

La période fin octobre début novembre est traditionnellement celle où le premier contact avec la neige nouvelle est programmé, soit environ trois semaines avant le Beaujolais éponyme. Des questions fondamentales, ressassées pendant toute l’intersaison, vont-elles trouver leur réponse expérimentale ? Comment sentir son positionnement dans l’espace ? Comment rythmer ses gestes ? Comment enregistrer, analyser et faire évoluer une succession complexe de configurations motrices ?

Heureusement, les neurosciences arrivent à la rescousse des skieurs de fond. Résumons grossièrement : le cortex pariétal postérieur envoie des signaux aux aires responsables de la planification du mouvement dans le cortex prémoteur, qui se projettent alors sur le cortex moteur primaire, qui engendre les impulsions nerveuses commandant les muscles, en passant par la moelle épinière. Dans le même temps, les organes sensoriels localisés dans les muscles renvoient des informations au cerveau en utilisant les voies nerveuses qui remontent par la moelle épinière jusqu’à analyse par les circuits sous-corticaux impliquant le cervelet et les ganglions de la base.
Mais ces mécanismes qui permettent de mieux comprendre le déroulement d’un mouvement isolé ne suffisent pas pour créer un modèle fonctionnel rendant compte de mouvements complexes, cohérents et gracieux, tels qu’un pas alternatif fluide ou un pas de patineur coulé (voir les photos de Yann qui valent mieux qu’un long discours).

Steven Brown, Lawrence Parsons et Michael Martinez, neuroscientifiques basés respectivement en Ontario, en Angleterre et au Texas, ont eu la riche idée d’observer l’activité du precuneus, une région postéromédiane du lobe pariétal. Ce dernier contiendrait une carte kinesthésique qui rend compte de la position du corps en déplacement et permettrait de définir une trajectoire à partir d’une perspective centrée sur le corps. Quant à la rythmique du mouvement, elle proviendrait de façon parallèle et indépendante du spinocervelet qui servirait de métronome neuronal à cette occasion.

En troisième lieu, des régions spécifiques seraient activées lorsque sont reproduits des mouvements appris, grâce aux neurones miroirs du cortex prémoteur. Ces derniers permettraient de simuler mentalement ce que l’on voit car ils sont actifs non seulement lorsqu’on réalise soi-même mais aussi lorsqu’on regarde quelqu’un d’autre réaliser un mouvement. Cette capacité à répéter des gestes mentalement est essentielle à l’apprentissage. Dans toutes les phases d’apprentissage, l’activité des neurones miroirs augmente et correspond à l’évaluation que l’on fait de sa propre capacité à réaliser les séquences observées.

En résumé, plus on devient compétent pour une certaine séquence motrice, plus on peut imaginer les sensations liées à ces mouvements, plus il est facile de les concevoir et de les réaliser, plus on devient compétent pour cette séquence motrice...

C’est pourquoi le CSMR a fait cette année l’acquisition chez Nordic Attitude d’un kit complet d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, histoire de mettre un peu de rigueur dans nos séances de guignols, et qui ne nous a pas quitté de tous nos entraînements sur le glacier. Espérons que les résultats de la saison seront à la hauteur de cet investissement utile mais dispendieux, mais utile... mais dispendieux...


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