JWOC 2009 : championnats du monde junior - ITALIE, Dolomites

mercredi 16 septembre 2009
par  Lucas B.
popularité : 35%

Après la Suède et Göteborg l’année dernière, les Championnats du Monde Juniors se déroulaient cette année en Italie dans la région de Primiero, vallée très encaissée des Dolomites. Avec des paysages à faire baver, la région est un paradis pour la rando, la via ferrata, l’escalade… et pas mal du tout pour la CO ! Malgré la pente parfois forte, les forêts sont assez propres avec de nombreux rochers, falaises et tous les trucs qui peuvent faire perdre beaucoup de temps !

Aux JWOC de l’année précédente, mes résultats avaient été assez moyens. Manque de vitesse de course au sprint, grosse erreur et trop court physiquement sur la longue, qualif de la middle désastreuse, le tout associé à un manque de combativité sur toutes les distances…pas top.

La seule course dont j’étais vraiment content était la finale de la middle, qui malheureusement ne comptait pas pour les championnats du monde, les vrais, puisque que je courrais la finale B.

J’avais donc une bonne envie de faire mieux cette année ! L’entraînement hivernal s’est très bien passé, on a bien augmenté les doses d’entraînement, et cela semblait payer au printemps, notamment sur la résistance à l’enchainement de séances ou de compétitions. Si ce n’est l’entorse à la cheville 2 mois avant les JWOC qui a bien fait chuté la confiance, ainsi que la qualité de l’entraînement ! Pas super, la préparation. J’ai donc repris la course seulement 3 semaines avant la compet’. Autant dire que j’ai douté correctement sur mes capacités à pouvoir courir à 100% sur une semaine de compétitions ! Cependant, au fur et à mesure que la date approchait, le pied semblait bien réagir, et le port de l’attelle ne me paraissait pas du tout handicapant. Alors en avant Guingamp !!

Samedi 4 Juillet, après 3 heures perdues dans les bouchons autour de milan (« font c… ces ritals » ? ) arrivée donc à Fiera di Primiero, village central de la vallée, super village mais moyenne d’âge un peu (trop) élevée à notre goût. Heureusement que 1500 norvégiens (et donc environ la moitié de norvégiennes, logiquement) participent aux 5 jours des dolomites qui ont lieu en même temps que les JWOC, et les équipes nationales viennent élever un peu le niveau !

Un petit sprint bien sympa de décrassage pour se mettre en jambes, on regarde les suédoises tester une chorégraphie (pourquoi ??) par le balcon, et le ton est donné !
Le soir, après concertation avec les coachs, je décide de ne pas participer aux championnats du monde de Sprint du lundi, n’ayant pas pu m’entrainer de façon optimale pour cette distance à cause de mon entorse. Il serait bête de risquer des courbatures prématurées qui pourraient m’embêter sur toutes les courses de la semaine, tout ça pour la course qui a l’air certes super intéressante, mais où j’ai le moins de chance de bien figurer. Décision un peu dure, mais bon, un jour tranquille supplémentaire.
Le lendemain est réservé à la course modèle, ou model event. C’est un entraînement censé être représentatif de ce qui va nous attendre pendant les courses de la semaine. En l’occurrence, cette année la model est très caractéristique de la middle qui aura lieu le jeudi (qualif) et vendredi (finale), et on remarque que l’orientation ne va pas être si facile que ça, voire très piégeuse. Puis a lieu en fin d’après-midi la cérémonie d’ouverture, avec écran géant, bonne ambiance, un Kamel Ouali local qui vient chanter la chanson des JWOC (assez sympa), les traditionnels concerts de musique folklorique (un peu moins marrant) et des sketchs de comiques bizarres (nul). On revoit les potes des autres équipes, on échange des fiches de présentation, parfois assez osées. 

Le Lundi 6, les JWOC sont lancés, avec le sprint. Je suis donc spectateur cette fois-ci, et c’est quand même bien sympa. Le sprint se courrait sur deux villages assez techniques mais une bonne partie de la course est quand même bien bourrin. Thibaut fait une super course et termine 12è, meilleur résultat d’un français sur un sprint de JWOC (le sprint ayant fait son apparition au programme seulement en 2006)
 
 

Le mardi, place à la longue distance. Cette année, celle-ci est située en début de semaine, avec un jour de repos le lendemain, ce qui me convient bien. L’année précédente, la longue était la veille du relais, nickel pour terminer la dernière course de la semaine complètement carbo ! Le programme de 2009 me convient bien.
Avec 180 participants dans la catégorie Homme et 2 minutes d’intervalle entre chaque départ, la journée est longue et les départ étalés sur 6heures. Je pars dans le dernier groupe ce qui signifie qu’il y aura des traces en forêt, et aussi qu’il faut poireauter longtemps avant de prendre le bus et de rejoindre la zone de quarantaine, à Passo Rolle. La longue a lieu entre 1600 et 2000m d’altitude, et, on est prévenu, ça va être très, très technique.

Et ça l’est ! A peine la carte retournée, je vois que ça va être chaud ! En plus, il fait froid, il pleut des trombes d’eau et il y a des coups de tonnerre terrible ! Mais c’est ça qui est bon ! Les 4 premiers postes se passent pas mal, la cheville a l’air de tenir, mais le terrain est très sauvage, caillouteux, et je sens qu’elle va avoir du boulot ! Au 5ème, je n’ai toujours pas compris pourquoi, le cheminement me paraissait très clair pourtant, je me déchire carrément. Je vais me recaler 2 fois au marais jaune tout près de la 4 (c’était en fait le marais jaune au sud du 5 d’où mon erreur je pense), puis au chemin au sud-est du poste, et je trouve enfin la toile, avec 6 minutes de perdues. Le moral est bien entamé, mais je décide de me battre quand même pour la suite. En sortant du poste 6, Martin Hubmann, le suisse, me double. Il partait 8 minutes derrière moi, même si je ne le sais pas encore. Toujours est-il que je m’accroche, il ne court pas trop trop vite encore, mais je suis néanmoins complètement largué en allant au poste 7. Allez, on lui fait confiance ! ? Je me recale sur le petit chemin qui mène à la zone interdite, et Martin a l’air un peu paumé aussi, mais finalement on trouve le poste correctement. Je commence à comprendre que je ne vais pas pouvoir le suivre indéfiniment tout en contrôlant mon orientation. Le terrain est très accidenté, et je suis obligé de faire attention à ma cheville. Son rythme élevé m’oblige à prendre des risques et je ne peux pas sauter dans les cailloux et franchir les torrents comme il le fait. Petit à petit, je commence à être distancé et je le perds de vue au papillon, alors que nous partons sur la même branche et qu’il doit avoir 15 secondes d’avance sur moi. Il finira 3è, et passera la ligne d’arrivée 6minutes avant moi. Un peu de regret donc de n’avoir pas pu le suivre, même si je sais que j’aurai été un peu court physiquement sur la fin je pense. Le fatigue commence à se faire sentir, et je perds du temps ici et là, 30sec à la 15, 20-30 à la 22… Je finis néanmoins moins à la ramasse que l’année dernière, sans marcher dans les montées, et en me forçant à envoyer.
Je finis à la 23è place, en 1h23, à 17minutes (!!) du premier, Gustave Bergman, intouchable ! C’est bien mieux que l’année dernière, en place et physiquement, mais toujours pas ça techniquement. Avec 6minutes de moins, soit mon erreur à la 5, ça fait 1h17, la 10è place n’était vraiment pas loin !

Mais je suis quand même satisfait. Et puis Théo et Léa font tout les deux 13è, et Mathieu 25è, donc l’équipe n’ a vraiment pas mal tourné !
 

Le Mercredi repos, ça fait du bien, et on en profite pour réfléchir à notre Top Ten : classement des orienteuses (ou orienteurs) les plus charmantes des JWOC que l’on affiche au centre de course. C’est vraiment un truc à voir tant toutes les équipes font preuve d’imagination et de créativité pour présenter leur top 10, de la ribambelle d’emballages de pizza à la pâte à modeler en passant par des capotes, c’est quelque chose ! En tout cas, ça nous prend du temps et les débats sont vifs ! 


Jeudi, fin des conneries, c’est la qualif de la moyenne distance. C’est la course que je préfère, et j’aimerais bien ne pas être aussi nul que l’année dernière. Je suis donc très concentré avant le départ, mais pas stressé. Je sais qu’une course propre suffit. Et cette fois, je réussis à la faire ! Je termine 6è de ma série, en 29 minutes. 4 français sur 6 passent en Finale A, soit deux fois plus que l’année dernière, ainsi que 2 françaises sur 3. Pas mal.

Le soir massage, pâtes, petit épisode des Frères Scott, et au lit.
Le lendemain donc, finale de la Middle. On court sur une autre partie de la carte que la qualif, et dont on a pu étudier les anciennes versions, comme pour toutes les autres courses de la semaine. La dernière partie va être très technique, au milieu d’une multitude de rochers. On sait aussi qu’il y aura un passage spectacle. Mon départ est à 11h51, entre deux norvégiens. Je me sens bien, comme la veille, avec l’envie de me faire plaisir en forêt !

Le premier poste est assez chaud, un rentrant dans le vert. Je pars donc prudemment et utilise le chemin le plus longtemps possible, pour assurer le début de course et me mettre en confiance. Nickel. Je trouve le poste 2 sans problème, même si je fais tout l’itinéraire sur l’avancée. La course est ralentie par les rochers et les falaises, alors que le poste est situé dans un rentrant, et qu’il aurait été plus facile d’utiliser ce même rentrant dès l’abandon du chemin. Le poste 3 est à ne pas louper, car grenouiller dans un flanc comme celui-ci serait désastreux. J’utilise le relief ainsi que les gros blocs rocheux, que je contourne par la gauche à chaque fois. Le poste 4 est facile, même si je ne cours pas assez vite dans la descente, de peur de le dépasser. L’enchainement 5-6-7 se passe bien, toujours en utilisant beaucoup le relief, bien plus que la végétation qui est assez floue, et en contrôlant en permanence la direction à la boussole. En attaquant la 7, je voie le norvégien parti 2minutes devant moi qui quitte la zone. Pour aller à la 8, je sors à la lisière du jaune, car la course est bien plus facile que dans le vert, et qu’il y a des traces. Je passe par la 5è, même si j’avais prévu de courir un peu plus haut sur la bosse, mais bon, c’était peut-être mieux après réflexion. Je lis vraiment bien l’approche, les falaises, combien d’avancées je dois couper, et le poste est en fait visible d’assez loin, environ 100 mètres. Le norvégien qui vient de faire une petite erreur poinçonne juste derrière moi. Un peut trop haut pour la 9, mais aucun problème pour trouver le poste. En sortant du 9è poste, j’augmente un peu l’allure tout en contrôlant. Je lis bien les chemins, et j’ai le sommet comme point d’attaque. Cependant, une fois passé le sommet, je suppose que je ne regarde plus correctement ma boussole, je suis trop à droite, et dépasse le poste. Je me retourne, et je voie la toile et le norvégien qui se dirige vers elle. 20 secondes de perdues et première erreur du parcours, mais je me reconcentre immédiatement. Je passe légèrement à droite du trait rouge pour la 11è, afin d’apercevoir le fossé et le rentrant, quitter le chemin au bon endroit et voir les deux gros blocs rocheux qui vont me permettre de trouver le poste. Quelques traces aident bien dans le vert, et simplifient un peu l’approche. Je poinçonne juste derrière le norvégien.

Pour le poste suivant, plusieurs choix sont possibles. Tout droit, légèrement à gauche, complètement à gauche en rejoignant le gros chemin, et à droite en utilisant beaucoup le chemin au début, en évitant du dénivelé mais en devant courir à flanc pour la deuxième partie de l’itinéraire. Cependant, je ne vois qu’un seul choix, peut-être influencé par le norvégien juste devant moi. On prend le rentrant dans le blanc à gauche du trait rouge, puis droit dans le vert après les falaises. La montée est très dure, on a envie de marcher, mais c’est le moment d’être combatif et d’en rajouter une couche. Je sens que j’ai les cannes, et double le norvégien, puis relance une fois passé la crête. Je trouve le poste ensuite assez facilement, en me situant dans le flanc en regardant au loin. Je repère le rentrant à gauche du poste, et une fois sur le chemin, j’évalue la distance par rapport au coude. Aucun problème. Puis c’est le passage spectacle, le moment ou il ne faut pas se déconcentrer. Il y a beaucoup de spectateurs, et je me dis que ça fait du bruit, mais je me remets directement dans la course. La fatigue commence quand même à se faire sentir. Cela se voit sur le poste suivant. Je ne suis pas assez agressif, met un peu de temps à comprendre les différents chemins. Je perds 20sec sur les meilleurs sur ce poste. Puis, l’erreur de trop pour aller à la 15. De la 14, je redescends au chemin, que j’emprunte un moment en monté jusqu’au rocher placé sur la gauche du sentier. De là, je sors dans les sous-bois et vise le gros bloc rocheux qui se démarque facilement des autres. Je vois le petit sommet derrière, et à partir de ce moment, je ne comprends plus. La zone est en fait plutôt plate, mais il ya beaucoup de petits mouvements pas marqués sur la carte, des trous, des petites buttes, ce qui fait qu’en fait, le trou n’est pas visible de loin, et je m’arrête un peu avant. Je descends les deux courbes rapprochées, remonte et trouve le poste je ne sais plus comment. Erreur de 30 secondes, ça peut paraître du chipotage, mais j’aurais bien pu m’en passer. A ce moment là, le norvégien parti 2 minutes derrière moi me rattrape. Je l’emmène à la 16, puis il me double en allant à la 17, où on hésite un peu tout les deux. Puis, je ne lis presque pas la carte pour les deux postes restant ! Enfin, le couloir d’arrivée !! C’est trop dur, le norvégien envoie la sauce devant moi, je m’accroche comme je peux !! On m’annonce 5è à l’arrivée, je suis super content ! Malgré mes deux petites erreurs, c’est quand même une super course, bien propre ! Au final, je suis 13è en 29’48, 3 minutes après le premier. Le top 10 était 20 secondes devant, un peu dommage d’être passé si près, mais bon, j’aurais deux autres chances, et je n’aurais vraiment pas craché sur cette place avant la course !


Samedi 11 : Le relais. Objectif Top 6. La zone d’arrivée est dans un grand champ, au fond d’une vallée. La particularité de la course est qu’il y a deux passages spectacles, et que l’on doit retourner la carte en cours de route, celle-ci ne couvrant pas une très grande superficie, le circuit est imprimé recto-verso. Je cours le dernier relais, après Thibaut et Théo.

Comme d’habitude, ça part à fond. Pourtant, la première zone est assez technique, d’après les anciennes cartes. Il va y avoir du dégât ! Mais Thibaut gère super bien sa course, et après avoir accusé une minute de retard sur les leaders au premier spectacle, il remonte sur la tête et termine en 3è position, 2 secondes après les deux premiers ! On n’aurait pas pu espérer meilleur départ !

Théo part donc avec les deux équipes suédoises. Ayant des combinaisons plus longues, il perd environ une minute sur eux avant le premier spectacle, puis se fait doubler par un norvégien qui recolle aux deux suédois, et par un suisse qui envoie grave la sauce et qui non seulement rattrape mais aussi lâche le groupe de tête. Il terminera le relais avec 2 minutes d’avance. Théo passe au 2è spectacle avec un danois, puis perd un peu du terrain sur lui dans la dernière boucle. Il me donne donc le relais à la 6è position, mais avec 2 équipes suédoises devant, la deuxième à l’arrivée ne comptera pas dans le classement. Je ne vois jamais le danois parti 30 secondes devant. Je ne courrai d’ailleurs avec personne tout au long de la course, doublant seulement les dernières relayeuses filles. Très vite, je m’aperçois que je n’ai pas vraiment les super cannes. Mais mon but est encore de faire une course propre, sans erreurs. Je m’arrête en allant au poste 2, ne comprenant pas trop la zone, puis je me fais une frayeur au poste 5, où je ne comprend strictement rien à la zone, et m’arrête à 5m du poste, de l’autre côté du rocher. Des grimpeurs me le donnent ! Merci ! Le reste s’enchaîne bien, je ne suis pas toujours très fluide, mais globalement ça va. Au premier passage spectacle, toujours 6è. Pas d’erreur dans la deuxième boucle, je suis vraiment très concentré, mais j’en chie physiquement. J’ai l’impression que ça ne fait que monter, et la boue des traces par endroit est très pénible ! Je fais très attention au poste 20, que j’avais repéré comme pouvant être très foireux. Erreur volontaire à droite sur le ruisseau, et nickel sur le poste. Puis, portion un peu bourrine. Au 2è spectacle, on me dit qu’il n’y a personne derrière, qu’on est 5è, mais je retiens surtout les phrases de Théo qui me crie « orientation propre dans la dernière boucle ». C’était vraiment pas le moment de se déconcentrer ! Je commence quand même à réaliser qu’on va être sur le petit podium, mais j’essaye d’être vraiment précis. Je vois le norvégien qui m’avait rattrapé à la middle à la 25, il en sort quand j’arrive, il vient de se planter apparemment. Malheureusement, je ne fais que l’apercevoir et le perd complètement de vue une fois sorti du poste, dans la zone de vert. Ils finiront 15 secondes devant, mais je ne le voyais même pas dans le champ. Et la fin en descente, c’est que du bonheur comme dirait Yves, la grosse banane ! 5è à un relais de JWOC, c’est vraiment pas degueu, ça doit faire un moment que les français n’avaient pas fait ça ! Cérémonie des fleurs bien sympa, puis remises des récompenses le soir pareil, c’est vraiment cool d’être de l’autre côté ! Et ça motive à fond pour les années à venir !

Et enfin le soir, le truc pour lequel on s’entraîne toute l’année, qui justifie n’importe quelle séance d’entraînement : la soirée !! Indescriptible… tu ressors tout ton vocabulaire dans toutes les langues, pivo, visa pattarna, vamos a la playa, tu hurles, tu chantes « la grosse bite à Dudule » avec un norvégien qui connait parfaitement le début…Et tu te dis que t’es chaud pour t’entraîner un an de plus juste pour lui apprendre la suite !

 

 


Brèves

15 décembre 2016 - Rand’O Givrée : le 5 février 2017

Venez participer à la Rand’O Givrée au Parc de Miribel-Jonage le dimanche 5 février 2017. Une (...)